Banner
Banner
Banner

Vers un auto-hébergement simplifié

Par - le août 10th, 2011

La conférence de Benjamin Bayart, Internet libre, ou Minitel 2.0 ? , est sans doute une des plus emblématiques du monde de l’Internet et du libre. Elle en a motivé plus d’un à s’essayer à l’auto-hébergement. Toutefois celui-ci présente encore des contraintes à repousser.

Pour rappel, la conférence en question met en parallèle les 2 façons d’aborder l’Internet : un Internet centralisé où des géants tels que Google, Youtube, Facebook, etc. concentrent les données et un Internet libre où chacun est un acteur maître de son contenu.

Je ne vais pas vous refaire la conférence (disponible en vidéo ICI et le slide ICI) mais le risque du premier modèle est bien entendu la montée en puissance de sociétés au monopole et au pouvoir tels qu’elles peuvent  altérer la notion de neutralité du réseau Internet et faire commerce de nos informations personnels (et elles ne se gênent pas pour le faire). Sans parler du risque que ces géants décident de bloquer l’accès aux plus petits, limitant ainsi encore plus la liberté d’Internet (cf. cet article)

La solution serait simplement la multiplication des petits acteurs auto-hebergés pour la création d’un modèle décentralisé, un réseau maillé complet et complexe. A l’heure de l’ADSL et des machines consommant 30W, cela est tout à fait possible!

 

De mon point de vue, les contraintes de l’auto-hébergement se résument en 3 points :

  1. Le coût
  2. Les compétences
  3. La problématique de tolérance de panne

 

Le coût

Le coût a été pour moi le plus grand frein depuis longtemps. Toutefois, les différents commentaires laissés en réponse à l’article L’auto-hébergement, n’est-ce seulement qu’un truc de geek ? sur le blog generation-linux.fr m’ont permis de réaliser que l’auto-hébergement coûte bien moins que je le ne pensais.

J’estimais à la louche (la grosse louche de grand-mère, bien débordante), le prix de la consommation électrique d’un petit serveur à une dizaine d’euros par mois, auxquels venaient s’ajouter 250€ d’investissement pour monter une machine équipée d’un processeur à faible consommation Atom et un abonnement annuel d’environ 10€ pour un nom de domaine. Partant de ce calcul, j’estimais le coût de l’auto-hébergement à 380€ la première année((12*10)+250+10=380€) et 130€ les années suivantes ((12*10)+10=130€).

Les informations qui m’ont été communiquées, notamment par Makoto, m’ont permis de ré-estimer la consommation électrique annuel d’un petit serveur à 30€, ramenant le coût de l’auto-hébergement à 290€ la première année ((30+250+10=290€) et 40€ les années suivantes (30+10=40€). Et encore, si je fais le choix d’une machine d’occasion (genre un EeePC), je peux facilement baisser mon investissement initial de 100/150€!

Comparé à mon hébergement actuel (Blog+Mail) qui me revient à 80€/an (70€ chez mon hébergeur Web4All+10€ de NDD), l’auto-hébergement deviendrait même vite rentable.

 

Les compétences

Monter son serveur n’est pas chose aisée pour Mr Toutlemonde, voire impossible pour Mme Michu (féministes, flagellez-moi, je l’ai fait exprès). Malgré tout, les choses sont de plus en plus simples (installer LAMP sur un serveur Ubuntu se résume presque à la commande sudo tasksel install lamp-server). On s’approche de plus en plus du aptitude install skyblog dont parlait Benjamin Bayart.

Source : http://www.flickr.com/photos/40987321@N02/5580348753/sizes/m/in/photostream/Source

D’ailleurs, comme Benjamin de Generation-linux, j’attends beaucoup de BeedBox, une distribution taillée sur mesure dont l’objet est d’installer très simplement un serveur (mail, site internet, etc.), lequel s’administrerait très simplement via une Interface Web.

Beedbox, l'OS pour les serveurs http://www.beedbox.org/

Aussi, ce genre de projet, appuyé par une forte communication ainsi qu’une documentation technique claire et solide tend à gommer la difficulté liée aux manques de compétences. Après tout, il y a encore 5 ans, posséder un PC Media Center était un truc de geek puis les box ADSL ont proposé des boîtiers TV si intuitifs que presque tout le monde a son Media Center (griffé du nom de son FAI) sous sa TV. « Yapluka » faire la même chose avec les serveurs auto-hébergés!

 

La problématique de tolérance de panne

Reste effectivement la question de la tolérance de panne. Les principales pannes possibles liées à l’auto-hébergement étant :

  • les coupures d’Internet
  • les coupures d’électricités
  • les pannes matérielles de son serveur

 

Si les 2 premières sont de moins en moins fréquentes, elles peuvent être longues et pénalisantes. Dans le cadre d’un changement d’adresse, il n’est pas rare de rester 10 à 15 jours sans Internet. La panne matérielle, elle, reste fréquente et la mise en place de solution de redondance locale reste encore chère (avoir 2 serveurs) voire impossible (beaucoup de boîtiers mini-ITX ne peuvent pas contenir 2 disques durs et rendent impossible le RAID quand le serveur n’est pas un ordinateur portable).

Si tout cela est d’une importance moindre pour un site familial, il en est tout à fait autrement dans le cadre d’un serveur mail ou d’un site fréquemment visité. Aussi, il est important de réfléchir à une solution de redondance distante. Vincent abordait la question :

« On peut également réfléchir à faire du « load balancing » entre auto-herbergés. Bah oui ! Pourquoi cette piste n’est-elle jamais envisagée ? Mon serveur tombe, il y a une chance sur 1 million que le serveur de mon meilleur ami soit également tombé. Donc je transfère temporairement (grâce à mon enregistrement DNS sur mon nom de domaine) mon MX vers son serveur, puis il me les relayera une fois revenu à la normale. »

Cette idée me semble très pertinente et de fait j’ai décidé de travailler sur une série de scripts interfacés lesquels permettraient d’une façon simplifiée un backup d’un serveur auto-hébergé vers un autre. L’objectif sera d’avoir quelque chose de largement documenté, peut-être même appuyé par un Wiki.

Je vais me pencher d’abord sur le cas des blogs et sites web puisque c’est le plus simple : sauvegarde quotidienne ou hebdomadaire du contenu de son site et de sa BDD (pour les WP, Jommla, et j’en passe) via script (automatisés par la crontab) vers un serveur distant et élaboration d’une procédure de reprise d’activité (mise à jour des DNS en cas de panne du serveur, etc.). Une fois cela bouclé, on pourra pousser les choses au  service mail, etc.

Si vous êtes intéressé par la chose et que vous voulez participer à la réalisation de l’ensemble, n’hésitez surtout pas à me le faire savoir. A terme, si je (nous) parviens (parvenons) à quelque chose qui tient a route, je le soumettrai sans doute à l’équipe de BeedBox.

Et qu’on se le dise, il faut que cesse ce Minitel 2.0!

Tags: , , , , , , , ,

75 commentaires to “Vers un auto-hébergement simplifié”

    frinux :

    @mahikeulbody : oui je partage ton avis, pour moi le principal est d’être sur sa propre plateforme, qu’elle soit autohébergée ou non.

    Le problème du mutualisé est comme tu dis technique. Il offre un très faible potentiel par rapport au dédié. On est souvent limité à du PHP /MySQL, et encore sans choisir la version. Si on veut installer une solution à base de XMPP, Java ou autre, on l’a dans l’os. Donc du mutualisé pour faire tourner un WordPress ça va, mais pour quelque chose de plus exotique c’est pas possible.

    mahikeulbody :

    @frinux: il y aussi le virtualisé, qui est en quelque sorte du dédié sur une machine mutualisée.

    TimCruz :

    @mahikeulbody : en effet, tu ne peux pas déployer des routines, script ou quoi que ce soit sur un serveur mutualisé.

    Pour la question de l’hébergé/auto-hébergé, je pense qu’il faudra de toute façon faire une analyse préalable de ses besoins. A titre d’exemple, Geek de France est hébergé chez Web4All pour des question de rapidité. Il ne supporterait pas son nombre de visites hébergé à la maison.

    Toutefois, pour le danger que cela représente, je vais citer Benjamin Bayart (http://www.article11.info/spip/Benjamin-Bayart-Il-est-desormais) : si, par exemple pour ses mails, on ne passe que par des grands hébergeurs (OVH, mais aussi Google, Orange, etc.), ceux-ci pourront décider un jour de limiter les accès entre eux exclusivement et ne plus router vers les plus petits. On n’a jamais été aussi proche du modèle dont rêvait Bill Gates avec MSN!

    TimCruz :

    Quoi qu’il en soit, ce que je propose pour les auto-hébergé sera sans doute transposable aux hébergés sur machine dédiée.

    vengeur masqué :

    Tu sa

    vengeur masqué :

    Tu sais que mon matériel est à ta disposition 🙂

    Yoha :

    Il serait également intéressant de mettre en place un système de vrai cloud (pas dans des datacenter donc), pour que ceux qui ont les compétences techniques de maintenir un serveur autohébergé puissent facilement le partager avec ceux qui ne les ont pas (ou ont d’autres contraintes techniques).

    Un tel fonctionnement en cloud devrait permettre une migration vers son propre serveur autohébergé une fois mis en place. De plus, l’approche «cloud» pourrait permettre de répartir la charge des sites qui subissent un traffic important.

    En revanche, il est évident que le système de répartition pourrait poser un certain nombre de contraintes techniques.

    frinux :

    De toute façon il faut bien comprendre qu’autohébergement et serveur dédié c’est techniquement la même chose, c’est juste la situation géographique du serveur qui change.

    Un « vrai cloud pas dans un datacenter » ça ne veut rien dire, tu confonds application et serveur physique.

    Yoha :

    J’aborde le cloud en tant que service. Le service en question ne devrait pas reposer sur une architecture physique centralisée dans un datacenter mais réparti sur une fédération de serveurs autohébergés.

    Je n’ai pas parlé des hébergements dédiés car ils me semblent relativement ambigus: ce n’est certes pas une atteinte à la neutralité du réseau, mais je n’aime pas leur côté centralisateur.

    libre fan :

    Et la FreedomBox? (rien avoir avec Free.fr bien heureusement): http://freedomboxfoundation.org/

    fabiengb :

    Bon article.

    Dommage néanmoins de ne pas avoir abordé les Plug Computer, et le plus gros inconvénient à mon sens : le debit montant proposé beaucoup trop faible

    TimCruz :

    @fabiengb : Les plug, j’en parlais ici : http://t.co/qA148sR
    C’est top mais j’aime pas l’idée du stockage externe…

    Pour les débit, justement, plus nombreux seront ceux qui s’auto-hébergent et plus on aura de chances d’obtenir de meilleurs débit en up.

    Pop :

    J’ai mis votre article dans la section http://free.korben.info/index.php/Fournisseur_d%27acc%C3%A8s_et_h%C3%A9bergement_internet_libres#Auto_h.C3.A9bergement

    Bon week end 🙂

    TimCruz :

    Merci, sympa 🙂

    Pop :

    Desole, j’ai mis le message 2 fois sur votre blog, j’avais pas réactualisé mon cache ou il y a un bug. Bref, désolé 🙂

    Bon week end.

    Yoann :

    Salut,

    Très intéressant ton article !
    Je pense qu’il peut être aussi intéressant de compléter en précisant quoi auto-héberger aussi. La consommation et la pertinence dépendent, je pense, du contenu.

    Perso je suis en train de me chercher un serveur basse consommation pour m’auto héberger, maintenant que j’ai la fibre. J’ai un mutualisé chez OVH qui me coûte 150€/an.
    Au pire du pire, un serveur basse conso gourmand fait 50W (une ancienne ampoule quoi :P). Je n’ai pas encore estimé le prix de l’élec à l’année.

    Mais j’ai besoin :
    – d’un serveur web pour mes sites web
    – d’un serveur mysql / php pour les sites non statiques
    – d’une interface de monitoring de ma conso électrique temps réel
    – d’un proxy
    – d’un serveur irc
    – d’un screen irssi
    – d’un serveur git
    – d’un serveur transmission
    – de divers crons
    – d’un serveur de fichiers ftp / http
    – d’un équivalent à google calendar
    – d’un équivalent à google reader
    – d’un équivalent à google musique
    – d’un équivalent à google contacts
    – d’un équivalent à google analytics

    Avec tous mes besoins il me faudrait un dédié assez cher chez OVH.
    Par contre je songe certainement à partir sur une Debian et m’installer tout moi même.

    internauteresponsable :

    Ma liberté d’expression n’a pas de prix…

    En Allemagne, j’ai compris le pouvoir illégitime qu’on donne à Gmail, Youtube, iTune et j’en passe… On perds beaucoup de liberté. Je pense qu’il s’agit d’un manque de notre système scolaire. Au même titre que l’éducation civique, que la prévention contre les mst, il faudrait une éducation à internet.

    Mes amis ne comprenne pas la portée… Ils disent c’est rien… Ca me déprime…
    L’ignorance est un fléau, je vous raconte pas… Le savoir, c’est le pouvoir.
    Je suis pas chrétien mais il y a une phrase que j’aime bien: « pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’il font », ben chaud…

    J’y connais rien… Mais le matos est acheté. Plus qu’à mettre le soft.
    Cette expérience m’apprendra au moins à maitriser cette technologie.

    Et pour la téléphonie? Il y a des bonnes pratiques?
    Allé viendez!

    Ookpik :

    Excellent article. J’utilise l’auto-hébergement web depuis quelques années maintenant mais, comme beaucoup, à cause du faible débit en upload je n’auto-héberge pas grand chose de volumineux. Pour le moment, à part quelques photos hébergées pour mes proches, mon ordi (fonctionnant 24/24) me permet surtout de recueillir et traiter des données provenant de ma station météo et de les envoyer régulièrement vers mon site perso pour en afficher les résultats et historiques.
    Le concept de « load balancing » entre auto-herbergés me plait beaucoup, j’espère que ce filon sera exploité.
    J’envisage une solution NAS + Raspberry Pi pour gérer les données météo/envoi par ftp sur mon site, d’y mettre en place une solution owncloud, et pourquoi pas un serveur mail. Le Raspberry Pi peut être une bonne solution niveau coût car il ne consomme presque rien, la consommation électrique devrait être de l’ordre de 3 W pour la version B.
    L’idée d’être indépendant et de s’auto-héberger me trotte dans la tête depuis longtemps, je suis juste limité par mes connaissances.
    Bon we

Laissez un commentaire

Catégorie(s): Dossiers, Hardware, Software