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Le libre comme alternative aux fins de support?

Par - le avril 11th, 2013

winoffice

C’est officiel, Microsoft cessera l’an prochain le support de Windows XP et Office 2003. Dans ce contexte, certains en profitent pour proposer le logiciel libre comme sauveur des utilisateurs ainsi délaissés. Pour ma part, je pense que ce n’est vraiment pas aussi rose.

Malhonnête cette fin de support?

Microsoft l’explique clairement, si Office 2003 ne sera plus supporté c’est tout de même après un support de 10ans et la sortie de 3 versions ultérieures (2007, 2010 et 2013). Quant à Windows XP, le système d’exploitation a bénéficié d’un support de presque 14ans, un record en la matière!

findusupport

Sans vouloir me faire l’avocat du diable, je ne pense pas que beaucoup d’éditeurs (libres ou non) peuvent se targuer d’en avoir fait autant. Finalement, je suis content d’avoir encore des postes sous Windows XP dans mon parc et d’avoir devant moi 1 an pour envisager le renouvellement de leur OS. Après, il est sûr que les défenseurs du libre ont souvent du mal à accepter cette idée en entreprise : la productivité l’emporte sur les idéaux (merci de m’épargner en commentaire les points godwin potentiels pour garder une vision raisonnable du problème) et dans ce contexte Microsoft reste très bon.

Pour ma part, je trouve que la démarche de Microsoft qui cesse – assez tardivement (bon, il faut reconnaître qu’ils n’ont pas trop eu le choix puisque Vista a été un flop et qu’un renouvellement massif coûte cher) – son support est loin d’être malhonnête. Si on considère l’âge de ces logiciels et les dates de sortie de Office 2007 / Windows 7 SP1 (le 1er SP étant souvent un palier en entreprise), la majorité a réellement pu effectuer une migration sans problème vers une version ultérieure.

Le libre fait mieux en terme de support?

A la limite c’est surtout sur ce point que je trouve tendancieux de mettre en avant le libre comme alternative puisque les éditeurs open sources offrent rarement un support aussi long. Le support d’une LTS d’Ubuntu est de 5ans pour 10ans pour une Red Hat. Autant se dire que si Microsoft limite à 10ans son support, il ne fait pas pire que sa concurrence open-source, alors avec un support de 14ans…

ubuntu-release-cycle-2

Pour LibreOffice ou OpenOffice (concurrents directs et libres de Microsoft), c’est plus vague. Du moins l’information est moins accessible (traduire par je n’ai pas su la trouver et 10minutes pour trouver une info simple, c’est trop). Il semblerait que l’on soit plus sur un support sur 6 mois avec une sortie de micro-releases tous les 3-5 semaines.

LibOReleaseLifecycle

Je sais pas pour vous mais pour moi, en terme d’administration et gestion, une mise à jour tous les deux mois ça signifie cauchemar. Je m’égare peut-être et mettrais volontiers à jour cet article si des personnes avisées pouvaient m’éclairer mais je pense que cette politique de support est particulièrement difficile en entreprise (même si je reconnais son avantage de rapidité de mises à jour des bugs et évolutions demandées).

 

Le libre comme alternative de renouvellement, encore que…

Par contre, là où éventuellement le libre peut devenir une alternative viable c’est dans le renouvellement qu’implique cette fin de support. Je m’explique : une licence Microsoft Windows coûte en moyenne aux entreprises 100€/PC et Office 150€/PC. Faisant prévaloir la politique open-source, les éditeurs libres peuvent effectivement faire valoir le gain financier que peut apporter le renouvellement des licences OS+suite bureautique par un ensemble libre. Par exemple, les couples Ubuntu + LibreOffice ou Linux Mint+LibreOffice sont tout à fait exploitables en entreprise.

argent.gif

Il reste toujours que la problématique formation des utilisateurs signifie lenteurs et coût. Celle-ci peut donc rebuter bien des acteurs professionnels. Toutefois, la tendance générale constatée en entreprise est une maîtrise superficielle du système (accès aux fichiers et aux applications) et une utilisation plus poussée de Microsoft Office. Aussi, je pense que la possibilité d’utiliser GNU/Linux comme système d’exploitation est plus simple à proposer que celle de se passer de Microsoft Office.

L’idée se ferait simplement et à peu de frais de plusieurs façons possibles (je ne parle volontairement pas de la possibilité réécrire ses softs en multiplate-forme) :

  • utilisation d’un serveur de type Terminal Server ou de virtualisation d’application
  • utilisation de Microsoft Office sous Linux

Dans le premier cas, la partie logicielle n’est plus un problème puisque la solution permet l’utilisation des applications en se départissant de l’OS. C’est surtout pour la seconde solution que ça se corse. Alors, c’est vrai que l’on peut d’ors et déjà utiliser Office 2010 sous Linux grâce à Play on Linux. Pour ma part, c’est ce que je fais depuis maintenant 2mois sur ma Linux Mint et cela fonctionne très bien. Toutefois, c’est très loin d’être pro.

word2010_sous_Mint

word2010_sous_Mint2

Les rumeurs lancées en début d’année par Microsoft deviennent alors très intéressantes puisque la firme laissait penser qu’elle réfléchissait à porter Office sous Linux. Je sais que la nouvelle peine les plus fermes défenseurs du libre ou les développeurs de LibreOffice mais je la vois d’un très bon œil.

Pour beaucoup, l’open source a été découvert grâce à des initiatives libres sous Windows, je pense par exemple à l’excellent VLC. Beaucoup d’autres se refusent à passer sous GNU/Linux pour ne pas perdre leur applications préférées. Steam a récemment sauté le pas provoquant un engouement pour le système Linux. Je reste persuadé que si la suite Office de Microsoft était aussi disponible sous Linux, beaucoup de ceux qui hésitaient cesseraient de le faire!

Enfin, ce sont des idées et nous sommes encore très loin de réussir ; les pro-libres et les autres ne sachant pas s’entendre pour atteindre un tel résultat…

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9 commentaires to “Le libre comme alternative aux fins de support?”

    Philippe Scoffoni :

    Une analyse complémentaire à celle que je tenais récemment. http://philippe.scoffoni.net/windows-xp-office-2003-logiciels-libres-alternative/
    MSOffice sur Linux, pourquoi pas. Il serait bien surtout que LibreOffice se mette enfin à nous sortir de vraies améliorations ergonomiques. Il faut souhaiter que les remaniements de code à l’origine de la version 4.0 apportent de la stabilité et surtout permettent maintenant le développement de nouvelles fonctions. L’édition à plusieurs d’un même document serait probablement le genre de fonction qui intéresserait du monde. Pour l’instant, il n’y a que les développeurs qui se fassent plaisir.

    lano :

    Faut-il vraiment parler de support concernant Microsoft ? XP depuis 2002, le moment ou il est devenu populaire/omniprésent dans les foyers, est extrèment vulnérable et très déconsseillé en entreprise.

    Les mises à jour logiciels sont pénibles, devoir jouer avec des regex pour récupérer/scraper la dernière version des logiciels et les silent install… Et Windows Store est une crasse, j’espère qu’ils vont un peu améliorer cela.

    Je suis d’accord sur le fait qu’il faudrait former les administrateurs système qui sont à la traine, mais bon c’est leur job de se former !

    Concernant Libre Office, je ne comprend pas trop ce qu’on lui reproche, il y a moyen de customiser l’interface, c’est ennuyeux mais bon essayez sur M$ Office pour voir…

    Et puis je n’ai jamais encore vu de M$ Office activé légalement en entreprise, ce qui peut expliquer son succès. On vera quand ils feront du full cloud et qu’il faudra payer par abonnement…

    Philippe Scoffoni :

    >Et puis je n’ai jamais encore vu de M$ Office activé légalement en entreprise, ce qui peut expliquer son succès.

    Que pas mal d’entreprise l’utilise de façon illégale c’est possible.. De là à expliquer son succès, j’ai des doutes… Les gains de Microsoft sur ce logiciel sont énormes. Il y en a qui paient et beaucoup… En tout cas, la plupart des entreprises dans lesquelles j’interviens ont payé leurs licences… Même des très petites.

    TimCruz :

    @Phillipe : oui, j’avais vu ton article et comme il me trottinait dans la tête depuis un moment l’idée de parler de Office sous Linux, c’était l’occasion de…
    @lano : pas d’office activé en entreprise, tu bosses chez des mauvais alors! :)
    Le problème de LibreOffice n’est pas l’interfaçage mais la galère de devoir reinstaller très régulièrement….

    Brice :

    Ce qui me gène le plus dans les changements de version, c’est l’incompatibilité des documents. Je sais bien qu’il y a des modules à installer mais c’est franchement pénible. Par exemple, j’ai un groupe de plusieurs dizaines de documents XL avec des liaisons dans tous les sens et au passage d’Office 2010, il ne les reprends pas.
    A côté de cela, XL a plusieurs longueurs d’avances sur Calc, c’est certain. L’exemple le plus frappant est le tableau croisé dynamique.

    matttbe :

    > les éditeurs open sources offrent rarement un support aussi long

    Mais d’un autre côté, ces produits sont « gratuits » et les sociétés sont libres de payer n’importe qui pour maintenir les produits. On est loin du modèle imposé par Microsoft, ici, qui, en arrêtant le support, impose les sociétés à migrer ; il est donc obligatoire de changer (enfin, c’est très déconseillé de rester avec l’ancien produit) vers une autre solution, soit via une mise à jour, soit un changement de produit.

    Sans oublier tous les autres avantages qu’offrent le libre p-ê à un niveau plus technique (support personnalisé, possibilité d’adapter le produit, sécurité accrue, alliances, produits pouvant rapidement évoluer, etc. pouvant accroître fortement la production)

    Concernant LibreOffice et OpenOffice, ils répondent à la majorité des besoins. Avec la suite Office, il y a plus de gadgets, est-ce que ça justifie les 150€ par poste pour la société? (et s’il faut absolument qqs macro spécifiques, ne serait-ce pas possible, avec l’argent restant, de les faire développer?)

    Philippe Scoffoni :

    > les sociétés sont libres de payer n’importe qui pour maintenir les produits
    C’est totalement vrai, je connais des administrations qui se font corriger des bug sur des versions ante-diluviennes de Thunderbird….

    Pour avoir déjà fait des étude de ce type, dans l’équation de la migration vers LibreOffice, il faut inclure :
    -l’accompagnement au changement (les papouilles);
    -la formation;
    -l’éventuel développements de macro ou le portage de macro existante
    -la migration des documents, elle peut se faire au fil de l’eau, mais elle a un coût aussi avec des docs qu’il faut parfois reprendre/remettre en forme, etc…

    Au final cela peut coûter bien plus cher que les 150€ par poste. Il faut convaincre en faisant des bilans financiers sur au moins 5 ans et surtout en argumentant sur la possibilité de suivre les mises à jour, évolutions de fonctionnalités au fur et à mesure au lieu de le faire par palier tous les 5 ans avec Microsoft.
    Mais c’est vraiment pas simple à vendre… Il faut parfois ajouter d’autres éléments dans la balance comme la possibilité si on passe sur un OS libre de conserver le matériel ou encore de mettre en place des outils comme Ulteo ou DotRiver de bureau distant pour cumuler d’autres gains…

    paco :

    Bonjour,

    Pour moi la question ne se pose pas vraiment sur le temps du support, mais bien sur la « compatibilité » ou « rétro-compatibilité » entre les changements de version à la fin du support.
    En effet, si XP a tenu si longtemps, c’est bien parce que les DSI ont demandé plus de temps à Microsoft pour migrer leur outils (applis métiers, par exemple), de XP vers Vista ou Seven.
    Car, il faut bien le dire, les passer de XP à Seven, a été une véritable catastrophe! Il faut ré-inventé la roue à chaque fois.
    On peut même parler de Office: difficile la compatibilité entre 2003 et 2010!
    Je pense que c’est ce pourquoi XP a été rallongé.
    Je trouve que dans le Libre, c’est beaucoup plus cohérent.
    Tous les outils existent dans le Libre pour migrer tout un parc informatique (serveurs et desktop) vers les dernières versions avec beaucoup de moins douleur (et donc d’arrachage de cheveux!) et une rétro-compatibilité existe bien.
    Mais c’est le buisness modèle de Microsoft, comme tout le monde sait.

    Gilles :

    Ce genre de chose (fin de support) est plutôt une bonne nouvelle car elle permet de se poser des questions sur l’évolution informatique d’une société.
    Soit on change de Windows (Windows 7 est un bon OS quand même) soit on change pour du Libre.
    Les deux incluent des changements importants parfois (logiciels pro à faire évoluer, utilisateurs à former (enfin pour de la bureautique « basique », passer de MSO à LO n’est pas trop dur), etc.).

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Catégorie(s): Divers