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Meego tablet pre-alpha en vidéo

juin 21st, 2010

meego_logo

 

Je vous ai déjà parlé de MeeGo, notamment de sa branche netbook, dont je publierai un test bientôt. En attendant, une équipe russe vient de publier une vidéo de la pre-alpha de MeeGo dédiée aux tablettes tactiles :

Pour le moins qu’on puisse dire, cet OS est vraiment stupéfiant de rapidité! J’ai hâte de voir ca tourner sur une tablette tactile!

Via GroGeek

Cathegorie(s): Software

MOVIM : le réseau social libre

juin 11th, 2010

Au grands plaisirs des nombreux détracteurs des réseaux sociaux actuel (Facebook, MySpace…), quelques alternatives libres commencent à fleurir sur le WEB. Il y a déjà identica.ca pour twitter, on attend encore diaspora pour facebook et maintenant il faudra aussi compter avec MOVIM.

movim

MOVIM (pour My Open Virtual Identity Manager) vise à offrir une plateforme sociale libre, en ce sens que les sources du site sont accessibles/modifiables, et sécurisé, puisque les données sont sur son poste et non déportées sur un serveur distant (sur lequel on n’a aucun contrôle).

MOVIM, contrairement à facebook, verrouille par défaut l’accès à toutes nos données. C’est à nous de choisir qui accèdera à quoi de notre profil (selon un système “en blocs”).

movim_etape1

movim_etape2

movim_etape3  

MOVIM utilise les dernières technologies web 2.0 (CSS3, HTML5, canvas…) ce qui lui offre une interface dynamique et légère qui respecte les standards. Il utilise aussi le protocole XMPP pour toute sa partie "sociale", MOVIM n’a pas pour but d’être un réseau "à part"; depuis son compte MOVIM on peut chatter avec ses amis qui possèdent un client Jabber (Pidgin, Gajim, Empathy, Google Talk…). Très bon!

Vous avez envie d’aider Movim à exploser? Vous pouvez participer au WIKI (notamment en réalisant le Kit Presse) dédié à MOVIM ou en parler autour de vous, sur votre blog, etc.

movim_demo

La version demo de movim n’étant dispo lors de la rédaction de mon article, je vous concocterai un beau test quand elle sera à nouveau en ligne.

Cathegorie(s): Software

Le nom doux des versions de Debian

juin 11th, 2010

debian_splash

 

Lenny, Sarge, Buzz, les versions de la célèbre distribution Linux Debian portent toutes des noms bien sympa. Mais savez vous comment sont choisis les noms de ces versions? Et bien, en fait, les développeurs ont de l’humour (sisi!) et chaque version de Debian tient son nom d’un personnage de Toy Story!

v 1.1 : Buzz

buzz

v 1.2 : Rex

Rex

v 1.3 : Bo

Bo

v 2.0 : Hamm

hamm

v 2.1 : Slink

slink

v 2.2 : Potato

patato

v 3.0 : Woody

woody

v 3.1 : Sarge

sarge

v 4.0 : Etch

etch

v 5.0 : Lenny

lenny

Prochaine version : Squeeze

squeeze

 

Version unstable : Sid

sid

Pour ceux qui ne connaissent pas, Debian est une des distributions Linux les plus stables. Debian est notamment très présente sur les serveurs. Beaucoup de distributions sont basées sur Debian, dont la plus célèbre est Ubuntu. En tout cas, je sais pas vous, mais moi, ca m’a beaucoup amusé de connaitre l’origine du nom des versions de Debian.

Cathegorie(s): Software

Lire des blurays simplement sous Linux enfin possible !

juin 9th, 2010

lxbdplayer-screen

Y’a des nouvelles comme ca qui vous mettent en joie de bon matin : une équipe d’étudiant de l’école d’ingénieur ESIEA vient de mettre au point un lecteur bluray pour Linux : lxBDPlayer.

lxbdplayer

Jusque là, lire des blurays sous Linux était mission presqu’impossible et rebutait les moins passionnés (ou ceux qui comme moi ne désirent pas se taper 10 minutes de lignes de code pour se mater un petit film). Maintenant avec lxBDPlayer, ce sera chose simple.

LxBDPlayer est un projet open source (sous licence GPL v3 – cf. ICI), basé sur dumpHD et qui utilise mplayer pour la lecture ainsi que makemkv pour le décryptage des dernières protections MKB.

lxbd

Vous trouvez quelques infos supplémentaires sur la doc Ubuntu et pour le téléchargement c’est ICI

Voici une courte vidéo de fonctionnement de lxBDPlayer :

Un grand bravo à l’équipe de développeur! Pour ma part, je teste rapidement sur mon HTPC et vous tiens au courant du bon fonctionnement de la chose.

Cathegorie(s): Software

Zoburo : Linux

juin 2nd, 2010

Il y a quelques semaines, je vous présentais zOburO, cette BD décalée qui met en scène 4 éléments d’un bureau : un PC (représenté par son écran), un clavier, une souris et une lampe.

Sylvas, l’auteur de ces strisp vient m’informer de la mise en ligne d’un épisode sur Linux :

Crâneuuuuur !!!!

Cathegorie(s): Divers

Essayez MeeGo sur votre netbook

mai 27th, 2010

Je vous ai déjà parlé du projet MeeGo né de l’alliance de Moblin (Intel) et Maemo (Nokia).

meego_logo

Celui-ci est maintenant disponible en version 1.0 pour Netbook. MeeGo 1.0 existe en deux moutures : l’une reposant sur Chrome de Google, l’autre non.

meego-v1.0

Basé sur le noyeau 2.6.33 de Linux, MeeGo est destiné exclusivement aux netbook et nettop équipés d’un processeur Intel Atom (n’oublions pas qu’Intel chapote le projet). Disponible diverses langues, dont le français, MeeGo propose un support des traitements 2D/3D, une base de drivers conséquente de drivers et le Plug & Play universel.

meego

 

Avec MeeGO, Intel et Nokia veulent offrir une expérience de mobilité et d’accès aux réseaux sociaux novatrice. Sans doute l’OS le plus rapide pour netbook, MeeGo a tout pour vite se faire une solide réputation. Très rapidement devraient suivre les version dédié au MID, smartphone, etc.

 meego_plateforme

Ayant vendu mon Medion Akoya au profit d’un Asus 1001PX (qui devrait m’être livré ce soir), je testerai rapidement ce nouvel OS pour Geek de France.

Plus d’infos et téléchargement ICI pour la version sans chrome et ICI pour la version avec.

Cathegorie(s): Divers

Convertissez vos vidéos au format VP8 (webM)

mai 22nd, 2010

Je vous parlais il y a peu de la volonté de Google de libérer les codecs de vidéo en ligne avec le rachat de VP8 et sa promotion par WebM.


SI vous désirez vous aussi passer sous ce format, un convertisseur VP8/webM (entre autre formats) existe déjà : Miro Video Converter

miro
Sous licence GPL, Miro est disponible pour Windows et Mac ICI

Cathegorie(s): Software

[TEST] Linux Mint 9 : Ubuntu en mieux?

mai 21st, 2010

Dans l’univers des forks d’Ubuntu, Linux Mint est sans doute l’un des mieux fini. Si jusque là, je m’étais laissé rebuter par son interface trop verte, la découverte des nouveautés de la dernière version, Isadora de son petit nom (sortie cette semaine), m’a mis l’eau à la bouche et donné envie d’essayer.

mint_logo

Au cœur d’Isadora

Pour résumer, Linux Mint 9 est basé sur Ubuntu 10.04 TLS et donc reprend tout les avantages de la distribution Linux grand public, notamment son support LTS de 3 ans.  Comme tous les forks, Isadora vient greffer à Ubuntu un lot de codecs et d’applicatifs qui font défaut à la distribution mère. Je m’étendrai peu sur ces ajouts, après tout Ubuntu fait ses choix pour répondre au mieux aux besoins de ses utilisateurs mais ne peut pas installer l’ensemble des logiciels Linux existants sur sa distribution. De toute façon, là n’est pas la force de Mint. L’équipe de développeurs a plutôt fait un travail beaucoup plus en profondeur afin de réellement refondre Ubuntu et non simplement lui appliquer un thème graphique. Ainsi, Isadora va proposer son propre gestionnaire de fichiers, un répertoire de 30 000 applications, un utilitaire de sauvegarde et une interface à l’ergonomie extrêmement efficace.

isa1

Souvent, on conseille aux personnes désirant s’essayer à Linux de s’installer une Ubuntu. Honnêtement, je pense qu’à présent je conseillerai Mint aux plus novices.

Ergonomie vraiment différente

Isadora repose sur les gestionnaires de fenêtres Gnome 2.30 et Xorg 7.4 mais a fait un réel travail de fond pour proposer une interface réellement différente. Certains détracteurs lui reprocheront une trop grande ressemblance avec Windows. C’est totalement vrai, je dirai même que c’est la plus ressemblante à Windows (fonctionnalités comprises) que j’ai vu depuis longtemps mais cela ne fera qu’aider les utilisateurs les plus réticents à faire leur premiers pas “libres”.

Bureau : le bureau Isadora ressemble à un bureau de Windows XP. Exit la barre de menu gnome supérieure tandis que la barre inférieure contient maintenant un bouton Menu, l’icône de gestion des mises à jours, l’icône de gestion du réseau, l’icône de gestion du son et enfin la date et l’heure.

bureau

Menu : autant tout de suite s’y faire, tout sur Isadora passe par le menu. Celui-ci se découpe en 2 : une partie latérale gauche fixe, et une partie droite contextuelle.

menu_mint

Là encore, la ressemblance avec le menu Windows est frappante. Par défaut, le menu contextuel est callé sur les favoris (applications les plus fréquentes) et propose un lien vers les applications. Une fois cliqué sur le lien “Toutes les applications”, on se retrouve avec la liste de toutes les applications installées sur son Mint, catégorisées comme sur tout Gnome.

8_mint_appli

Pour faciliter le tout, un champ Filtre permet une recherche par nom. Si vous tapez par exemple firefox dans ce champ, le menu contextuel vous proposera les programmes comprenant firefox dans leur nom et description (classés par pertinence). Dans mon cas, le navigateur Mozilla Firefox me sera proposé. Ce qui frappe, c’est la rapidité du filtre, le mot n’est pas encore fini d’être tapé que des choix commencent à apparaitre.  Si vous trouvez Windows 7 rapide dans cette fonction, vous allez prendre votre claque tant Mint l’est beaucoup plus.

9_mint_appli_filtre

A noter également que le menu est paramétrable via un simple clic droit > option.

Centre de contrôle : A l’image du panneau de configuration Windows, Isadora propose un centre de contrôle afin de piloter l’ensemble des paramétrages possibles pour votre distribution. Les options sont classées en 6 groupes : Personnel, Apparence, Internet et réseau, Système, Matériel, Autre.

5_mint_centredecontrole

Sur la capture d’écran, ma machine virtuelle est en 800*600. Sur une plus grosse résolution, l’utilisation du centre de contrôle est d’autant plus simple.

Là encore, la recherche peut-être affinée par un filtre si l’on sait ce que l’on cherche. Par exemple, un pare-feu étant installé par défaut dans Mint 9, il vous suffit de taper pare-feu pour accéder à ses options de paramétrage.

7_mint_parefeu

Gestionnaire de mise à jour : souvent, les nouveaux arrivés sous Linux négligent la sécurité et les mises à jour. Sous Isadora, une icône de la forme d’un bouclier dans la barre de menu vous notifie l’arrivée de mises à jour pour que cela ne tombe pas dans l’oubli. Il suffit de cliquer sur l’icône de notification pour lancer le gestionnaire de mises à jour. Chaque mise à jour peut être sélectionnée/désélectionnée. Celles-ci sont tagguées par niveau de priorité afin de pouvoir déterminer les essentielles.

4_mint_maj

Une fois son système à jour, le bouclier de la barre de menu est coché vert. Là encore, on retrouve la gestion de la sécurité à la Microsoft.

 

Du reste pour l’interface, rien de particulier à signaler si ce n’est peut-être qu’en raison d’une intégration de Compiz, des effets de fondu, transparence, etc. sont proposés. C’est plastique mais ça plait (ou pas). S’il fallait résumer le travail d’interface de Mint 9 Isadora, je dirais qu’en dépit d’une interface trop Windows-like, le travail accompli est phénoménal et très réussi. L’ergonomie n’est vraiment pas en manque puisque l’on prend tout de suite ses marques. L’avis de ma geekette (ma beta-testeuse officielle) sur la question illustre bien les faits : “En général, j’aime pas les Linux que tu me montres mais celui-là il est bien. Il est facile.” Facile est sans doute le maître mot de l’interface à la sauce Mint.

Notez quand même que si l’interface passe sans soucis sur les faibles résolutions, elle n’a pas été faite pour. Du fait, les configurations Netbook en 800*480/800*600/1024*600 risquent de se retrouver avec des fenêtres qui ne peuvent pas s’afficher complètement dans l’écran.

Sauvegarder? facile…

Je ne vais pas lister tous les atouts de Mint, puisque pour beaucoup ceux-ci sont les mêmes que pour tout Linux. Qui plus est Mint bénéficie de la rapidité, de la stabilité et du support matériel de Ubuntu. Mint est ultra simple à installer via un live CD/DVD/USB grâce à l’installeur Ubuntu (qui a été légèrement remanié en la circonstance pour coller au thème graphique de Mint) ou même directement depuis Windows.

1_mint_install 

Mais s’il est un point dont je ne peux pas ne pas parler au sujet de Mint, c’est son gestionnaire de sauvegarde. En trois clics on peut décider de sauvegarder ses données ou ses programmes (!). Besoin de formater, de changer de machine ou encore de migrer de version sans risque : cet utilitaire est là pour vous apporter la flexibilité et la sécurité d’une sauvegarde via une interface déconcertante de facilité. En un mot : BRAVO! Pourquoi n’est-ce pas encore le cas sur chaque distribution?

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Je finirai ce test sur ce point. Linux Mint 9 Isadora est vraiment une très bonne surprise. Rapide et forte des avantages de Ubuntu, elle apporte aux moins techniques une interface vraiment très simple et très attractive. Certes, très Windows aussi, mais on a rien sans rien. Linux Mint est également assortie d’une communauté importante et très active. On ne peut d’ailleurs pas décemment passer à coté du site Linuxmint-fr tant celui-ci est bien fait et fourmille de conseils et tutos.

Pour résumer, si vous revendiquez une identité volontairement différente des majors privés (tel que Apple et Microsoft) et que vous aimez plus que tout l’attrait technique de Linux, fuyez Isadora! Par contre, il va sans dire que les utilisateurs qui veulent une distribution simple et attractive (notamment pour débuter) vont être ravis de découvrir cette distribution.

 

Cathegorie(s): Software, Tests

Interview d’un acteur du libre : Rodolphe

mai 21st, 2010

Je vous ai présenté il y a peu la distribution Voyager, fork très design de Ubuntu. Son papa, Rodolphe, a accepté de répondre à quelques questions au sujet de son bébé et de ses motivations. L’occasion de revenir sur le travail titanesque qui est abattu pour la réalisation d’une distribution Linux, notamment en amont par nombre d’acteurs de l’ombre.

voyager10.04

Travaillant depuis 2008 sur sa distribution, celui-ci nous explique que sa volonté de développement est avant tout portée par une éthique voire même des choix politiques. Sa philosophie pourrait se résumer à “faciliter la complexité”. Bel état d’esprit. Voici donc son Interview :

Geek de France : Peux-tu te présenter pour GDF ?

Rodolphe : Pour tout dire, je viens du monde du spectacle. Éclairagiste est mon métier. Théâtre, cinéma…Puis j’ai fait une école de cinéma pour m’essayer à la réalisation. D’où le nom de mon site Ciné9. Donc, peut-être cela explique-t-il le fait qu’en réalisant quelques petites fictions sans prétention pour le câble, j’ai dû apprendre à utiliser des logiciels de montage, pour faire mes films. Abobe Première pour être précis, sur XP, par manque de moyens; bien qu’avant, des amies dans le montage, m’aient tout fait gratuitement. C’est là, que tout a commencé pour moi en informatique. Il y a environ 5 ans. Puis, de fil en aiguille, j’ai cherché du libre pour les logiciels et je suis remonté à Cinelerra et les premières moutures de Kdenlive sur Suze, Mandriva, Fédora. Ce dernier (kdenlive) était d’ailleurs très prometteur à l’époque. Audacy pour l’audio…Donc, la voie était ouverte pour mon entrée dans le monde du libre (open source) par le biais du cinéma, si je puis dire, pour faire court.

kdenlive-01De plus, je trouvais intéressante et motivante cette idée d’une communauté de gens, cherchant par tous les moyens à ouvrir une fenêtre sur le partage par le biais du numérique. Cette mentalité est en recul partout dans nos sociétés post-industrielles où l’individualisme et l’argent priment sur tout, et on voit où ça mène aujourd’hui. Alors, je ne dis pas que le libre va transformer la société,  mais il a quand même une portée symbolique non négligeable. Et c’est important, d’avoir des îlots symboliques qui montrent haut et fort une autre façon de voir pour ceux que la vie rend incapables de la moindre réflexion personnelle sur les enjeux d’une société qui fonce tête baissée dans le tout-numérique avec son cortège de réduction des libertés publiques et de logiciels payants aux codes sources fermés. On le voit avec les lois Hadopi. Au fond, ceux qui défendaient le libre au début, avec un certain amateurisme face à une révolution numérique portée par un Windows omnipotent, se retrouvent aujourd’hui à défendre quasiment les libertés publiques, telle la quadrature du net et un peu, chacun d’entre nous, l’open source, avec des variantes bien sûr. Car en Chine où l’open source est développé, on voit sur quel terreau cela se fait. En tout cas, Linux avait plusieurs coups d’avance.

logo_hadopi

 

A l’époque, personne ne savait comment cela allait tourner. C’était tout nouveau. Et je peux dire que j’y étais. Et j’ai senti le vent tourner, le mariage forcé ou heureux du réel avec le virtuel. Si j’insiste beaucoup sur ce sujet, c’est que l’arrivée du live CD Voyager en 2008 avec Ubuntu Juanty est liée aussi à cette démarche, à cette bataille d’une pensée contre une autre qui souhaite tout marchandiser, et réduire les fonctionnements de chacun dans le numérique à des règles écrites pour satisfaire les intérêts de quelques uns qui se moquent des citoyens que nous sommes. Et la culture dans ce combat n’a pas été à la hauteur des enjeux. Une poignée d’artistes seulement ont vu le danger venir et ont refusé Hadopi. L’actrice Deneuve en tête, que je salue pour son courage, face à des Arditti et Costa Gavras (pourtant pourfendeur de toute répression, ses films en témoignent). C’est dire si le numérique rabat toutes les cartes de nos modes de fonctionnement et si nous sommes tenus chacun de choisir notre camp, mais pas toujours avec la clairvoyance adéquate. D’où notre rôle. Dans Voyager, il y a un peu de cette poussière de combat.

 

 

Geek de France : Tu as créé la distribution Voyager, qu’est ce qui t’a motivé ?

Rodolphe : Avant l’arrivée de Voyager et la fin de mes montages de films, comme j’adore le dessin, je me suis essayé à faire dans un premier temps des packs d’icônes en PNG SVG déposés sur le site Gnome look. Comme un enfant qui tâtonne et cherche à grandir dans le labyrinthe informatique, qui à l’époque montait en puissance. J’ai dû faire une vingtaine de packs dont certains sont sur mon site. C’était ludique et ça me revient sans cesse. Tout cela pour Ubuntu, une distribution que je trouvais d’une grande simplicité à l’époque, comparée aux autres distributions. Il y avait, avec Ubuntu, comme une démocratisation de Linux, comme il y a eu une démocratisation de la culture sous Malraux. Alors évidemment, cela a des effets pervers comme dans tous les phénomènes de masse comme celui-ci: “Ubuntu=Linux”, alors que la communauté est diverse et riche. J’adore Fedora par exemple…Mais on ne peut aller contre le vent de l’Histoire!

ubuntu_logo2

Ubuntu est arrivé au bon moment pour ceux que Linux rebutait par sa complexité et ses lignes de commandes, ses problèmes incessants, relevant des capacités de l’informaticien aguerri. Et puis Ubuntu France s’est installé avec une communauté sans pareille, ce qui lui a donné un souffle, une puissance d’entrainement, l’idée qu’on faisait partie de quelque chose de particulier, en marge, alors que Windows écrasait tout sur passage. Maintenant les choses ont bien changé. Le libre et le payant se livrent à une danse ensorcelante pour savoir qui de l’un ou de l’autre remportera la mise. A mon avis, personne. La crise économique qui se profile risque de tout rabattre à nouveau. Mais, comme je le disais, il est important que la charge symbolique faite de gratuité et de partage, demeure. Et que certains la brandissent tel un drapeau face à Apple, par exemple, et au prix exorbitant de ses logiciels et à la fermeture de ses codes sources. Le live CD Voyager est né ainsi, dans ce bouillonnement contradictoire d’un monde passant à un autre, numérisé. L’idée était d’ajouter une petite pierre à l’édifice, sans prétention, et de la faire partager à tous. Avec cette grande idée, un peu perdue mais qui reviendra, de la gratuité qui a à voir avec le don. J’insiste encore, mais c’est capital: Voyager est né pour ajouter de l’humanisation dans l’informatique, un design, de la gratuité, faire connaître des logiciels, tout d’un bloc, pour le débutant comme pour l’aguerri.

 

Geek de France : Peux-tu brièvement expliquer tes choix techniques ?

Rodolphe : Ubuntu pour sa simplicité, ses mises à jour, et parce que c’est une distribution connue d’un large public aujourd’hui. Gnome pour sa simplicité aussi, sans trop de fioritures, bien qu’il soit un peu lourd pour les vieilles machines. Autre point important de Linux: il fait revivre de vieilles machines laissées au bord de la route par la politique de Windows et d’Apple qui imposent toujours plus d’outils gourmands en mémoire vivre, Cpu, carte graphique etc… Mais pour revenir à mon sujet, j’ai mis l’accent sur le design de Voyager, car on passe de plus en plus de temps dessus, et que la beauté, même dans le numérique, n’est jamais à délaisser. C’est ce qu’avaient déjà bien compris Apple, puis Windows et, trop tardivement, Linux.

screen_voyagers

Beaucoup ne s’intéressent pas à ce qu’il y a sous le capot. Il y a des gens qui prendront la chose pour son aspect extérieur, le côté ludique. C’est ainsi. On ne va pas refaire le monde. Moi aussi, j’aime bien ce côté là. Regardez tous ces screenshots sur le net des bureaux de chacun. C’est aussi un jeu. Et pourquoi pas ! Mais ceci dit, j’ai passé le plus clair de mon temps à essayer de trouver des logiciels pertinents pour Voyager, pour concilier sécurité, fiabilité et multiplateforme. J’aime l’idée de possibilités infinies. C’est cela aussi l’open source! Les outils sont là: Globalmenu, cairo-dock, gnome-do, Nautilus-Elementary, etc., à vous de vous faire votre maison numérique. J’ai aussi mis un soin particulier pour les codecs, la transformation par simple clic d’une vidéo, les scripts pratiques. Et la Tv en scripts qu’on peut enregistrer… Un débutant peut le faire. Amener toujours le complexe à la simplicité: voilà toujours un peu le crédo de Voyager.

 

Geek de France : As-tu travaillé seul ou en équipe sur ce live ?

Rodolphe :  Non, je travaille seul. Même si en fait c’est faux car je bénéficie du travail des autres. Je ne cesse de lire dans les forums, de discuter, etc. Un travail de l’ombre, peut-être le plus difficile. De nouveaux scripts à tester, des sites etc…Mais je tiens à dire que sans les autres, Voyager n’aurait jamais vu le jour. A commencer par Debian, Ubuntu et Linux en général. Que les choses soient claires. Je ne suis qu’une petite pierre dans l’édifice Linux. Ce n’est qu’une personnalisation. Un Fork.

forum_ubuntu

Tout ces anonymes du numérique, je tiens à les remercier. Eux qui ne m’ont jamais vu, ne me connaissant que par une signature numérique. Merci, car il y a beaucoup d’eux dans Voyager. D’une certaine façon, je n’ai fait que reprendre et réadapter le travail des autres. Un travail souvent non reconnu à sa juste valeur. C’est un peu ce qu’on reproche à la communauté Ubuntu face à Debian et au monde linux en général : qu’elle récupère (égoïstement) un travail de fourmi fait par d’autres.  Ubuntu fait son succès sur le dos de la communauté.Il y a un peu de vrai dans tout ça. Mais comme je le disais précédemment, ils ont démocratisé Linux et pour cela, on leur doit beaucoup. Le rendre accessible. Pour tout un chacun.

 

Geek de France : Que représente précisément en charge de travail un chantier comme celui-ci ?

Rodolphe : C’est énorme: 2 à 6 heures par jour, la nuit en général, pendant 4 mois sur les 6 de la beta d’Ubuntu. Puis, une fois la Release sortie, il ne restait plus qu’à travailler le Live CD ou DVD. Cela dépendait de mon temps. Mais je vais toujours jusqu’au bout, malheureusement même de mes erreurs, car je ne les vois pas. C’est après coup. Et j’en fais. Puis je reviens dessus.

Alors pour la fabrication, c’est très simple. Je fais tout sur la beta d’Ubuntu. Je note tout ce que j’y ai mis. Puis je réinstalle au propre la version finale. Je remets tout par des scripts ou en lignes de commande. Et après je teste, je rajoute, etc…Il m’est arrivé de refaire 10 fois le Live en une journée pour le tester!

 

Geek de France : Comment gères-tu le suivi des bugs ?

bug

Rodolphe : Le suivi des bugs, je le laisse à Ubuntu! Car tout est sous dépôt officiel d’Ubuntu, sauf pour les logiciels Exotiques, d’où l’importance d’un gros travail en amont de tests de ces logiciels (comme Cairo-dock ou global menu qui par exemple ne marchent pas sous Firefox et Openoffice , bien que tout fonctionne mais sans le panel globalmenu, jusqu’aux dernières nouvelles. Mais marche suffisamment par ailleurs pour le laisser.).

 

Geek de France : As-tu d’autres projets (liés ou non à Voyager) sur lesquels tu es en cours de travail et dont tu voudrais parler ?

Rodolphe : Pour les projets, j’avais une version Hybrid en cours: Gnome et une dose de Lxde pour sa rapidité. Mais je ne sais pas si j’en aurai le temps. Mais il est clair que la rapidité d’action est l’avenir du numérique et de la protection des données. C’est bien ce qu’a compris Google avec son Chrome et Chromium pour la version libre, avec son design épuré en avance sur ce coup. Surtout avec sa suite Online doc. Ca marchera, c’est sûr: 8 secondes et vous êtes sur internet, vous pouvez parler à quelqu’un tout de suite. C’est l’illusion du réel dans le virtuel, l’instantanéité, le rapport homme-machine qui se simplifie à l’extrême faisant oublier la technique.

google_docs_logo

Par contre, Google, niveau données personnelles, ce n’est pas le top, c’est même plutôt une régression! Et je pense que c’est ici que linux doit marquer sa différence, notamment Ubuntu, sinon, gare à la rumeur sur internet. Un retournement peut s’opérer, sauf pour ceux que rien n’effraie. Nous avons de superbes outils ingénieux mais aux mains des pouvoirs en place dont le contrôle de tout et tous est un réflexe naturel, c’est plutôt la régression qu’on risque de voir arriver. A mon avis, c’est cela aussi l’avenir pour linux; préparer la parade à cette entrée massive du politique et du monde marchand dans la vie privée des citoyens que nous sommes, pour récolter de quoi alimenter leurs desseins, dont la nocivité varie selon les époques et les enjeux du moment. Face aux citoyens de ce pays démocratique, je pense que Linux et la communauté du monde libre ont une carte à jouer. Même si on peut trouver cela présomptueux, je pense quand même que Linux a rehaussé l’image qu’on pourrait se faire d’une civilisation numérisée, accessible à tous, et protégée par les intégristes de la surveillance civile. En tout cas, elle s’est montrée à la hauteur dans ce rôle de veilleur, d’avertisseur, pour une démocratie numérique en plein ascension avec ses bons et mauvais côtés comme dans tout (car l’ignorance est le pire des maux pour la démocratie). Pour cela, je ne suis pas mécontent que le Live CD Voyager y contribue à sa façon. Car la numérisation totale de la société, c’est pour bientôt et les enjeux en termes de liberté et d’échanges entre nous, sont colossaux. Mais saurons-nous nous protéger contre nous-mêmes ? Ne pas fondre complètement dans le tout numérique, revenir au réel? Ce sera mon dernier mot.

 

Merci à Rodolphe d’avoir bien voulu se prêter à ce jeu de questions/réponses. Pour rappel, Rodolphe est le créateur de la distribution Voyager, basée sur Ubuntu. Voyager, testée ICI pour Geek de France, est disponible sur ce site. Et, voyager en vidéo, ça donne ça (d’autres vidéos sont disponible sur le site de Ropholphe) :

Cathegorie(s): Divers, Software

Mais qui veut la peau de Mozilla Firefox?

mai 17th, 2010

Je rebondis avec cet article sur l’actualité qui entoure le navigateur Firefox en ce moment. Framablog détaille un article complet (que je ne peux que vous inviter à lire) sur le déclins de Firefox face au géant Google et son navigateur Chrome.

firefox-logo Dans cet article, l’auteur peint un sombre avenir pour Firefox, le plus célèbre navigateur libre du marché actuel. Constat volontairement alarmiste ou froides prévisions? Arrêtons nous brièvement sur quelques points liés à Firefox, à son histoire et ce qui risque d’être son futur.

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Cathegorie(s): Dossiers, Software