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[TEST] Linux Mint 9 : Ubuntu en mieux?

mai 21st, 2010

Dans l’univers des forks d’Ubuntu, Linux Mint est sans doute l’un des mieux fini. Si jusque là, je m’étais laissé rebuter par son interface trop verte, la découverte des nouveautés de la dernière version, Isadora de son petit nom (sortie cette semaine), m’a mis l’eau à la bouche et donné envie d’essayer.

mint_logo

Au cœur d’Isadora

Pour résumer, Linux Mint 9 est basé sur Ubuntu 10.04 TLS et donc reprend tout les avantages de la distribution Linux grand public, notamment son support LTS de 3 ans.  Comme tous les forks, Isadora vient greffer à Ubuntu un lot de codecs et d’applicatifs qui font défaut à la distribution mère. Je m’étendrai peu sur ces ajouts, après tout Ubuntu fait ses choix pour répondre au mieux aux besoins de ses utilisateurs mais ne peut pas installer l’ensemble des logiciels Linux existants sur sa distribution. De toute façon, là n’est pas la force de Mint. L’équipe de développeurs a plutôt fait un travail beaucoup plus en profondeur afin de réellement refondre Ubuntu et non simplement lui appliquer un thème graphique. Ainsi, Isadora va proposer son propre gestionnaire de fichiers, un répertoire de 30 000 applications, un utilitaire de sauvegarde et une interface à l’ergonomie extrêmement efficace.

isa1

Souvent, on conseille aux personnes désirant s’essayer à Linux de s’installer une Ubuntu. Honnêtement, je pense qu’à présent je conseillerai Mint aux plus novices.

Ergonomie vraiment différente

Isadora repose sur les gestionnaires de fenêtres Gnome 2.30 et Xorg 7.4 mais a fait un réel travail de fond pour proposer une interface réellement différente. Certains détracteurs lui reprocheront une trop grande ressemblance avec Windows. C’est totalement vrai, je dirai même que c’est la plus ressemblante à Windows (fonctionnalités comprises) que j’ai vu depuis longtemps mais cela ne fera qu’aider les utilisateurs les plus réticents à faire leur premiers pas “libres”.

Bureau : le bureau Isadora ressemble à un bureau de Windows XP. Exit la barre de menu gnome supérieure tandis que la barre inférieure contient maintenant un bouton Menu, l’icône de gestion des mises à jours, l’icône de gestion du réseau, l’icône de gestion du son et enfin la date et l’heure.

bureau

Menu : autant tout de suite s’y faire, tout sur Isadora passe par le menu. Celui-ci se découpe en 2 : une partie latérale gauche fixe, et une partie droite contextuelle.

menu_mint

Là encore, la ressemblance avec le menu Windows est frappante. Par défaut, le menu contextuel est callé sur les favoris (applications les plus fréquentes) et propose un lien vers les applications. Une fois cliqué sur le lien “Toutes les applications”, on se retrouve avec la liste de toutes les applications installées sur son Mint, catégorisées comme sur tout Gnome.

8_mint_appli

Pour faciliter le tout, un champ Filtre permet une recherche par nom. Si vous tapez par exemple firefox dans ce champ, le menu contextuel vous proposera les programmes comprenant firefox dans leur nom et description (classés par pertinence). Dans mon cas, le navigateur Mozilla Firefox me sera proposé. Ce qui frappe, c’est la rapidité du filtre, le mot n’est pas encore fini d’être tapé que des choix commencent à apparaitre.  Si vous trouvez Windows 7 rapide dans cette fonction, vous allez prendre votre claque tant Mint l’est beaucoup plus.

9_mint_appli_filtre

A noter également que le menu est paramétrable via un simple clic droit > option.

Centre de contrôle : A l’image du panneau de configuration Windows, Isadora propose un centre de contrôle afin de piloter l’ensemble des paramétrages possibles pour votre distribution. Les options sont classées en 6 groupes : Personnel, Apparence, Internet et réseau, Système, Matériel, Autre.

5_mint_centredecontrole

Sur la capture d’écran, ma machine virtuelle est en 800*600. Sur une plus grosse résolution, l’utilisation du centre de contrôle est d’autant plus simple.

Là encore, la recherche peut-être affinée par un filtre si l’on sait ce que l’on cherche. Par exemple, un pare-feu étant installé par défaut dans Mint 9, il vous suffit de taper pare-feu pour accéder à ses options de paramétrage.

7_mint_parefeu

Gestionnaire de mise à jour : souvent, les nouveaux arrivés sous Linux négligent la sécurité et les mises à jour. Sous Isadora, une icône de la forme d’un bouclier dans la barre de menu vous notifie l’arrivée de mises à jour pour que cela ne tombe pas dans l’oubli. Il suffit de cliquer sur l’icône de notification pour lancer le gestionnaire de mises à jour. Chaque mise à jour peut être sélectionnée/désélectionnée. Celles-ci sont tagguées par niveau de priorité afin de pouvoir déterminer les essentielles.

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Une fois son système à jour, le bouclier de la barre de menu est coché vert. Là encore, on retrouve la gestion de la sécurité à la Microsoft.

 

Du reste pour l’interface, rien de particulier à signaler si ce n’est peut-être qu’en raison d’une intégration de Compiz, des effets de fondu, transparence, etc. sont proposés. C’est plastique mais ça plait (ou pas). S’il fallait résumer le travail d’interface de Mint 9 Isadora, je dirais qu’en dépit d’une interface trop Windows-like, le travail accompli est phénoménal et très réussi. L’ergonomie n’est vraiment pas en manque puisque l’on prend tout de suite ses marques. L’avis de ma geekette (ma beta-testeuse officielle) sur la question illustre bien les faits : “En général, j’aime pas les Linux que tu me montres mais celui-là il est bien. Il est facile.” Facile est sans doute le maître mot de l’interface à la sauce Mint.

Notez quand même que si l’interface passe sans soucis sur les faibles résolutions, elle n’a pas été faite pour. Du fait, les configurations Netbook en 800*480/800*600/1024*600 risquent de se retrouver avec des fenêtres qui ne peuvent pas s’afficher complètement dans l’écran.

Sauvegarder? facile…

Je ne vais pas lister tous les atouts de Mint, puisque pour beaucoup ceux-ci sont les mêmes que pour tout Linux. Qui plus est Mint bénéficie de la rapidité, de la stabilité et du support matériel de Ubuntu. Mint est ultra simple à installer via un live CD/DVD/USB grâce à l’installeur Ubuntu (qui a été légèrement remanié en la circonstance pour coller au thème graphique de Mint) ou même directement depuis Windows.

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Mais s’il est un point dont je ne peux pas ne pas parler au sujet de Mint, c’est son gestionnaire de sauvegarde. En trois clics on peut décider de sauvegarder ses données ou ses programmes (!). Besoin de formater, de changer de machine ou encore de migrer de version sans risque : cet utilitaire est là pour vous apporter la flexibilité et la sécurité d’une sauvegarde via une interface déconcertante de facilité. En un mot : BRAVO! Pourquoi n’est-ce pas encore le cas sur chaque distribution?

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Je finirai ce test sur ce point. Linux Mint 9 Isadora est vraiment une très bonne surprise. Rapide et forte des avantages de Ubuntu, elle apporte aux moins techniques une interface vraiment très simple et très attractive. Certes, très Windows aussi, mais on a rien sans rien. Linux Mint est également assortie d’une communauté importante et très active. On ne peut d’ailleurs pas décemment passer à coté du site Linuxmint-fr tant celui-ci est bien fait et fourmille de conseils et tutos.

Pour résumer, si vous revendiquez une identité volontairement différente des majors privés (tel que Apple et Microsoft) et que vous aimez plus que tout l’attrait technique de Linux, fuyez Isadora! Par contre, il va sans dire que les utilisateurs qui veulent une distribution simple et attractive (notamment pour débuter) vont être ravis de découvrir cette distribution.

 

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Cathegorie(s): Software, Tests

Interview d’un acteur du libre : Rodolphe

mai 21st, 2010

Je vous ai présenté il y a peu la distribution Voyager, fork très design de Ubuntu. Son papa, Rodolphe, a accepté de répondre à quelques questions au sujet de son bébé et de ses motivations. L’occasion de revenir sur le travail titanesque qui est abattu pour la réalisation d’une distribution Linux, notamment en amont par nombre d’acteurs de l’ombre.

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Travaillant depuis 2008 sur sa distribution, celui-ci nous explique que sa volonté de développement est avant tout portée par une éthique voire même des choix politiques. Sa philosophie pourrait se résumer à “faciliter la complexité”. Bel état d’esprit. Voici donc son Interview :

Geek de France : Peux-tu te présenter pour GDF ?

Rodolphe : Pour tout dire, je viens du monde du spectacle. Éclairagiste est mon métier. Théâtre, cinéma…Puis j’ai fait une école de cinéma pour m’essayer à la réalisation. D’où le nom de mon site Ciné9. Donc, peut-être cela explique-t-il le fait qu’en réalisant quelques petites fictions sans prétention pour le câble, j’ai dû apprendre à utiliser des logiciels de montage, pour faire mes films. Abobe Première pour être précis, sur XP, par manque de moyens; bien qu’avant, des amies dans le montage, m’aient tout fait gratuitement. C’est là, que tout a commencé pour moi en informatique. Il y a environ 5 ans. Puis, de fil en aiguille, j’ai cherché du libre pour les logiciels et je suis remonté à Cinelerra et les premières moutures de Kdenlive sur Suze, Mandriva, Fédora. Ce dernier (kdenlive) était d’ailleurs très prometteur à l’époque. Audacy pour l’audio…Donc, la voie était ouverte pour mon entrée dans le monde du libre (open source) par le biais du cinéma, si je puis dire, pour faire court.

kdenlive-01De plus, je trouvais intéressante et motivante cette idée d’une communauté de gens, cherchant par tous les moyens à ouvrir une fenêtre sur le partage par le biais du numérique. Cette mentalité est en recul partout dans nos sociétés post-industrielles où l’individualisme et l’argent priment sur tout, et on voit où ça mène aujourd’hui. Alors, je ne dis pas que le libre va transformer la société,  mais il a quand même une portée symbolique non négligeable. Et c’est important, d’avoir des îlots symboliques qui montrent haut et fort une autre façon de voir pour ceux que la vie rend incapables de la moindre réflexion personnelle sur les enjeux d’une société qui fonce tête baissée dans le tout-numérique avec son cortège de réduction des libertés publiques et de logiciels payants aux codes sources fermés. On le voit avec les lois Hadopi. Au fond, ceux qui défendaient le libre au début, avec un certain amateurisme face à une révolution numérique portée par un Windows omnipotent, se retrouvent aujourd’hui à défendre quasiment les libertés publiques, telle la quadrature du net et un peu, chacun d’entre nous, l’open source, avec des variantes bien sûr. Car en Chine où l’open source est développé, on voit sur quel terreau cela se fait. En tout cas, Linux avait plusieurs coups d’avance.

logo_hadopi

 

A l’époque, personne ne savait comment cela allait tourner. C’était tout nouveau. Et je peux dire que j’y étais. Et j’ai senti le vent tourner, le mariage forcé ou heureux du réel avec le virtuel. Si j’insiste beaucoup sur ce sujet, c’est que l’arrivée du live CD Voyager en 2008 avec Ubuntu Juanty est liée aussi à cette démarche, à cette bataille d’une pensée contre une autre qui souhaite tout marchandiser, et réduire les fonctionnements de chacun dans le numérique à des règles écrites pour satisfaire les intérêts de quelques uns qui se moquent des citoyens que nous sommes. Et la culture dans ce combat n’a pas été à la hauteur des enjeux. Une poignée d’artistes seulement ont vu le danger venir et ont refusé Hadopi. L’actrice Deneuve en tête, que je salue pour son courage, face à des Arditti et Costa Gavras (pourtant pourfendeur de toute répression, ses films en témoignent). C’est dire si le numérique rabat toutes les cartes de nos modes de fonctionnement et si nous sommes tenus chacun de choisir notre camp, mais pas toujours avec la clairvoyance adéquate. D’où notre rôle. Dans Voyager, il y a un peu de cette poussière de combat.

 

 

Geek de France : Tu as créé la distribution Voyager, qu’est ce qui t’a motivé ?

Rodolphe : Avant l’arrivée de Voyager et la fin de mes montages de films, comme j’adore le dessin, je me suis essayé à faire dans un premier temps des packs d’icônes en PNG SVG déposés sur le site Gnome look. Comme un enfant qui tâtonne et cherche à grandir dans le labyrinthe informatique, qui à l’époque montait en puissance. J’ai dû faire une vingtaine de packs dont certains sont sur mon site. C’était ludique et ça me revient sans cesse. Tout cela pour Ubuntu, une distribution que je trouvais d’une grande simplicité à l’époque, comparée aux autres distributions. Il y avait, avec Ubuntu, comme une démocratisation de Linux, comme il y a eu une démocratisation de la culture sous Malraux. Alors évidemment, cela a des effets pervers comme dans tous les phénomènes de masse comme celui-ci: “Ubuntu=Linux”, alors que la communauté est diverse et riche. J’adore Fedora par exemple…Mais on ne peut aller contre le vent de l’Histoire!

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Ubuntu est arrivé au bon moment pour ceux que Linux rebutait par sa complexité et ses lignes de commandes, ses problèmes incessants, relevant des capacités de l’informaticien aguerri. Et puis Ubuntu France s’est installé avec une communauté sans pareille, ce qui lui a donné un souffle, une puissance d’entrainement, l’idée qu’on faisait partie de quelque chose de particulier, en marge, alors que Windows écrasait tout sur passage. Maintenant les choses ont bien changé. Le libre et le payant se livrent à une danse ensorcelante pour savoir qui de l’un ou de l’autre remportera la mise. A mon avis, personne. La crise économique qui se profile risque de tout rabattre à nouveau. Mais, comme je le disais, il est important que la charge symbolique faite de gratuité et de partage, demeure. Et que certains la brandissent tel un drapeau face à Apple, par exemple, et au prix exorbitant de ses logiciels et à la fermeture de ses codes sources. Le live CD Voyager est né ainsi, dans ce bouillonnement contradictoire d’un monde passant à un autre, numérisé. L’idée était d’ajouter une petite pierre à l’édifice, sans prétention, et de la faire partager à tous. Avec cette grande idée, un peu perdue mais qui reviendra, de la gratuité qui a à voir avec le don. J’insiste encore, mais c’est capital: Voyager est né pour ajouter de l’humanisation dans l’informatique, un design, de la gratuité, faire connaître des logiciels, tout d’un bloc, pour le débutant comme pour l’aguerri.

 

Geek de France : Peux-tu brièvement expliquer tes choix techniques ?

Rodolphe : Ubuntu pour sa simplicité, ses mises à jour, et parce que c’est une distribution connue d’un large public aujourd’hui. Gnome pour sa simplicité aussi, sans trop de fioritures, bien qu’il soit un peu lourd pour les vieilles machines. Autre point important de Linux: il fait revivre de vieilles machines laissées au bord de la route par la politique de Windows et d’Apple qui imposent toujours plus d’outils gourmands en mémoire vivre, Cpu, carte graphique etc… Mais pour revenir à mon sujet, j’ai mis l’accent sur le design de Voyager, car on passe de plus en plus de temps dessus, et que la beauté, même dans le numérique, n’est jamais à délaisser. C’est ce qu’avaient déjà bien compris Apple, puis Windows et, trop tardivement, Linux.

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Beaucoup ne s’intéressent pas à ce qu’il y a sous le capot. Il y a des gens qui prendront la chose pour son aspect extérieur, le côté ludique. C’est ainsi. On ne va pas refaire le monde. Moi aussi, j’aime bien ce côté là. Regardez tous ces screenshots sur le net des bureaux de chacun. C’est aussi un jeu. Et pourquoi pas ! Mais ceci dit, j’ai passé le plus clair de mon temps à essayer de trouver des logiciels pertinents pour Voyager, pour concilier sécurité, fiabilité et multiplateforme. J’aime l’idée de possibilités infinies. C’est cela aussi l’open source! Les outils sont là: Globalmenu, cairo-dock, gnome-do, Nautilus-Elementary, etc., à vous de vous faire votre maison numérique. J’ai aussi mis un soin particulier pour les codecs, la transformation par simple clic d’une vidéo, les scripts pratiques. Et la Tv en scripts qu’on peut enregistrer… Un débutant peut le faire. Amener toujours le complexe à la simplicité: voilà toujours un peu le crédo de Voyager.

 

Geek de France : As-tu travaillé seul ou en équipe sur ce live ?

Rodolphe :  Non, je travaille seul. Même si en fait c’est faux car je bénéficie du travail des autres. Je ne cesse de lire dans les forums, de discuter, etc. Un travail de l’ombre, peut-être le plus difficile. De nouveaux scripts à tester, des sites etc…Mais je tiens à dire que sans les autres, Voyager n’aurait jamais vu le jour. A commencer par Debian, Ubuntu et Linux en général. Que les choses soient claires. Je ne suis qu’une petite pierre dans l’édifice Linux. Ce n’est qu’une personnalisation. Un Fork.

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Tout ces anonymes du numérique, je tiens à les remercier. Eux qui ne m’ont jamais vu, ne me connaissant que par une signature numérique. Merci, car il y a beaucoup d’eux dans Voyager. D’une certaine façon, je n’ai fait que reprendre et réadapter le travail des autres. Un travail souvent non reconnu à sa juste valeur. C’est un peu ce qu’on reproche à la communauté Ubuntu face à Debian et au monde linux en général : qu’elle récupère (égoïstement) un travail de fourmi fait par d’autres.  Ubuntu fait son succès sur le dos de la communauté.Il y a un peu de vrai dans tout ça. Mais comme je le disais précédemment, ils ont démocratisé Linux et pour cela, on leur doit beaucoup. Le rendre accessible. Pour tout un chacun.

 

Geek de France : Que représente précisément en charge de travail un chantier comme celui-ci ?

Rodolphe : C’est énorme: 2 à 6 heures par jour, la nuit en général, pendant 4 mois sur les 6 de la beta d’Ubuntu. Puis, une fois la Release sortie, il ne restait plus qu’à travailler le Live CD ou DVD. Cela dépendait de mon temps. Mais je vais toujours jusqu’au bout, malheureusement même de mes erreurs, car je ne les vois pas. C’est après coup. Et j’en fais. Puis je reviens dessus.

Alors pour la fabrication, c’est très simple. Je fais tout sur la beta d’Ubuntu. Je note tout ce que j’y ai mis. Puis je réinstalle au propre la version finale. Je remets tout par des scripts ou en lignes de commande. Et après je teste, je rajoute, etc…Il m’est arrivé de refaire 10 fois le Live en une journée pour le tester!

 

Geek de France : Comment gères-tu le suivi des bugs ?

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Rodolphe : Le suivi des bugs, je le laisse à Ubuntu! Car tout est sous dépôt officiel d’Ubuntu, sauf pour les logiciels Exotiques, d’où l’importance d’un gros travail en amont de tests de ces logiciels (comme Cairo-dock ou global menu qui par exemple ne marchent pas sous Firefox et Openoffice , bien que tout fonctionne mais sans le panel globalmenu, jusqu’aux dernières nouvelles. Mais marche suffisamment par ailleurs pour le laisser.).

 

Geek de France : As-tu d’autres projets (liés ou non à Voyager) sur lesquels tu es en cours de travail et dont tu voudrais parler ?

Rodolphe : Pour les projets, j’avais une version Hybrid en cours: Gnome et une dose de Lxde pour sa rapidité. Mais je ne sais pas si j’en aurai le temps. Mais il est clair que la rapidité d’action est l’avenir du numérique et de la protection des données. C’est bien ce qu’a compris Google avec son Chrome et Chromium pour la version libre, avec son design épuré en avance sur ce coup. Surtout avec sa suite Online doc. Ca marchera, c’est sûr: 8 secondes et vous êtes sur internet, vous pouvez parler à quelqu’un tout de suite. C’est l’illusion du réel dans le virtuel, l’instantanéité, le rapport homme-machine qui se simplifie à l’extrême faisant oublier la technique.

google_docs_logo

Par contre, Google, niveau données personnelles, ce n’est pas le top, c’est même plutôt une régression! Et je pense que c’est ici que linux doit marquer sa différence, notamment Ubuntu, sinon, gare à la rumeur sur internet. Un retournement peut s’opérer, sauf pour ceux que rien n’effraie. Nous avons de superbes outils ingénieux mais aux mains des pouvoirs en place dont le contrôle de tout et tous est un réflexe naturel, c’est plutôt la régression qu’on risque de voir arriver. A mon avis, c’est cela aussi l’avenir pour linux; préparer la parade à cette entrée massive du politique et du monde marchand dans la vie privée des citoyens que nous sommes, pour récolter de quoi alimenter leurs desseins, dont la nocivité varie selon les époques et les enjeux du moment. Face aux citoyens de ce pays démocratique, je pense que Linux et la communauté du monde libre ont une carte à jouer. Même si on peut trouver cela présomptueux, je pense quand même que Linux a rehaussé l’image qu’on pourrait se faire d’une civilisation numérisée, accessible à tous, et protégée par les intégristes de la surveillance civile. En tout cas, elle s’est montrée à la hauteur dans ce rôle de veilleur, d’avertisseur, pour une démocratie numérique en plein ascension avec ses bons et mauvais côtés comme dans tout (car l’ignorance est le pire des maux pour la démocratie). Pour cela, je ne suis pas mécontent que le Live CD Voyager y contribue à sa façon. Car la numérisation totale de la société, c’est pour bientôt et les enjeux en termes de liberté et d’échanges entre nous, sont colossaux. Mais saurons-nous nous protéger contre nous-mêmes ? Ne pas fondre complètement dans le tout numérique, revenir au réel? Ce sera mon dernier mot.

 

Merci à Rodolphe d’avoir bien voulu se prêter à ce jeu de questions/réponses. Pour rappel, Rodolphe est le créateur de la distribution Voyager, basée sur Ubuntu. Voyager, testée ICI pour Geek de France, est disponible sur ce site. Et, voyager en vidéo, ça donne ça (d’autres vidéos sont disponible sur le site de Ropholphe) :

Cathegorie(s): Divers, Software

[TEST] Unity – l’interface allégée de Ubuntu

mai 14th, 2010

Je vous ai déjà parlé de Unity, l’interface allégée que Canonical a développée pour Ubuntu light et Ubuntu Netbook Remix. Sur le papier, cette interface semble assez idéale.

unity1

Unity est d’ores et déjà disponible au téléchargement et installable sur votre Ubuntu. Je l’ai testée pour Geek de France sur mon netbook (équipé de Ubuntu Remix Edition 10.04).

[…]

Cathegorie(s): Software, Tests

« Canonical m’a tuer… »

mai 13th, 2010

L’actualité informatique est comme ça : il y a la petite info ludique, l’info pour adolescente & fanboys et la grosse actu. Assez étonnamment, cette dernière est très souvent délaissée par les blogs technogeek ou alors cachée dans un flot de nouvelles appartenant au deux premières catégories.

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La scène de l’internet de ces derniers jours illustre parfaitement  la situation. Je ne compte pas le nombre de blogs annonçants l’info croustillante de photos “inédites” de l’iPhone (catégorie adolescente & fanboys), des bigs brothers awards (la petite info ludique) ou différentes vidéos et bêtises (là aussi, la petite info ludique). Pourtant, il y a une vrai grosse information douloureuse que la majorité des bogs populaires n’a pas ou à peine traité : c’est la rumeur d’une vente de Mandriva!

mandriva-logo

C’est sûr que Mandriva à vendre, c’est moins attractif que “Apple attaque HTC”, “HTC s’allie à Microsoft et attaque Apple” ou que tout le blabla autour des iPad et iPhone 4 (mon article sur l’iPad avait d’ailleurs provoqué plus de visites en 2 jours que le reste de l’actu de la semaine). La geekerie, ce n’est plus ce que c’était, Closer devrait se lancer dans le marché, les geeks sont devenus fan de futilités ! Dommage, d’autant que ces acteurs qui ne sont pas sur le devant de la scène sont souvent les plus grands moteurs de l’innovation. En tous cas, Mandriva l’a été. Pour illustrer mes dires, je vous propose un petit voyage dans le temps.

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Back to the futur : Mandrake story board

Il y a quelques années, tandis que l’acnée me rongeait le front, la passion de l’info grandissait en moi. Dans cet élan, j’ai voulu connaitre le coté obscur de la force et me suis intéressé aux logiciels libres. A l’époque, j’entends encore les barbus attendris (Michel, si tu me lis…) me conseiller : “pour débuter, installe une Mandrake”. Mandrake, c’est l’ancien nom de Mandriva, choisit en 2005 suite à la fusion avec Conectiva et quelques déboires avec les ayants droits du célèbre magicien des années 50 Leon Mandrake.

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Mandrake Linux est le nom de la distribution GNU/Linux développée par la société francaise Mandrakesoft. Basée sur Red Hat, l’objectif de Mandrake est d’offrir un système d’exploitation stable, accessible et donc réellement concurrentiel face au géant Microsoft (à l’époque Apple n’avait pas encore beaucoup le vent en poupe). En 2005, Mandrake Linux devient Mandriva Linux avec toujours les mêmes objectifs. Drivers nombreux, communauté de développeurs importante et active, suite logicielle conséquente : pari gagné pour Mandriva qui devient LA distribution linux grand public. Je me souviens même avoir trouvé des CD Mandriva à coté des box XP à la fnac. En effet, Mandriva proposait à la vente (et propose toujours) une partie de ses produits avec un service client béton à la clé. Mandriva, forte de sa notoriété, a participé à de nombreuses innovations techniques (les premiers coups d’essai de Compiz Cube se firent sur Mandriva) et a proposé les premiers Linux réellement “out of the box”, c’est à dire exploitables sans bidouilles.

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Parallèlement à son développement sur station de travail, Mandriva propose aussi des suites serveur réputées et quasi-irréprochables, elles aussi payantes et assorties d’un solide support. Mais quand on est l’étoile qui monte, le plus dur est de le rester. Si pendant longtemps Mandriva était une des seules distributions grand public réellement efficaces, en 2004 un autre géant du libre fait son apparition : Canonical!

Canonical vs Mandriva : players fight!

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Ubuntu d’un coté, Mandriva de l’autre, les OS des deux sociétés sont de réelles pépites libres. Mais Mandriva fait des choix techniques et commerciaux qui vont lui valoir une perte de notoriété.

D’un point de vue technique d’abord, l’intégration de KDE, comme gestionnaire de fenêtre, est décrié pour sa ressemblance avec Windows et sa lourdeur. Canonical pour sa part mise sur Gnome pour sa distribution Ubuntu. Là où Mandriva, forte de son héritage Red Hat, utilise les paquets d’installation RPM, Ubuntu basée sur Debian utilise les paquets DEB et synaptics souvent plus stables. Enfin, pour un meilleur support de technologie, Mandriva la première transige avec les principes du libre et intègre des solutions non-libres à certaines de ses distributions, s’attirant ainsi les foudres des partisans de l’informatique libre.

canonical

Et puis, Mandriva se heurte à un commercial hors pair : l’entrepreneur sud-africain Mark Shuttleworth, créateur de Canonical. Là où la stratégie de Mandriva la mène vers les pays émergeants et l’Amérique centrale, Canonical s’accoquine avec Google et équipe les serveurs du géant de la recherche. Si la stratégie de Mandriva est plus “humaine” et libriste, celle de Canonical lui assure une notoriété immédiate. Même K3vin le hack3r tourne sous Ubuntu. Enfin, Ubuntu a développé une plateforme commerciale mais son OS reste avant tout gratuit (à ce sujet, la réflexion de Cyrille rappelle que beaucoup commencent à s’intéresser au monde du libre avant tout pour sa gratuité). Attention, je ne veux pas tomber dans le travers du raccourci et limiter la situation à ces quelques faits, mais ceux-ci illustrent idéalement l’affrontement de ces géants.

Alors c’est foutu pour Mandriva ?

Non et heureusement. Mandriva est toujours particulièrement active et porteuse d’innovations. Sa rapide insertion dans le marché de l’instantOS (là ou Ubuntu ne devrait pas proposer sa solution Light avant 6 mois), ou la distribution de ses solutions sur divers médias dont l’USB illustre, entres autres, son savoir faire. De plus, comme Arnaud Laprévote directeur de Mandriva l’indique sur son blog, sa société est très présente dans le monde du libre. Sa présence est de plus en plus importante en Amérique du sud et en Asie avec notamment la distribution de PC directement équipés de Mandriva. Et puis, la suite serveur de Mandriva reste une des plus réputées, notamment grâce à son support irréprochable. Après tout, comme le rappelle Arnaud Laprévote, les propositions de rachat d’une société comme la sienne sont fréquentes.

Et puis, si Mandriva doit parfois pâtir de ses choix, Canonical n’est pas à l’abri du même problème. Ubuntu aussi intègre de plus en plus de logiciels et drivers non libres, s’est fait débouté par ses utilisateurs au sujet du choix de Yahoo comme moteur de recherche et tend vers une interface mac-like décriée par les puristes. Si je pense, qu’en effet, Canonical est responsable de la perte de vitesse de Mandriva dans l’informatique grand public rien n’est encore joué. La popularité grandissante de Linux et l’arrivée d’un nouveau géant du monde Linux, Google, risque de venir encore tout changer. Souhaitons tout de même à Mandriva de garder le cap et de tenir bon, la multiplication de moteurs d’innovations ne peut en soit que favoriser l’insertion du monde libre dans l’informatique.

Cathegorie(s): Dossiers, Software

Interface Unity en vidéo

mai 11th, 2010

Je vous parlais il y a peu de Unity, la nouvelle interface qui équipera Ubuntu Light.

ubuntu_light

Je voulais la tester en screencast, mais une vidéo sur youtube tourne déjà. Je vous invite donc à décourir Unity via cette vidéo :

[…]

Cathegorie(s): Software

Light : l’instant-OS d’Ubuntu

mai 11th, 2010

Mark Shuttleworth (PDF de Canonical) présentait hier sur son blog une nouvelle version du système Ubuntu baptisée Ubuntu Light. A l’instar de ses équivalents chez Mandriva, Xandros, etc., Light est un Instant OS, c’est à dire un système d’exploitation minimaliste, destiné à démarrer en quelques secondes pour offrir les bases : internet, photos, multimédia.

ubuntu_light

Une nouvelle interface a été développée facilitant la navigation et assurant un fonctionnement optimisé. Appelée Unity, elle reprends les fondement de Netbook Remix en la débarrassant de tous superflus.

[…]

Cathegorie(s): Software

Simple comme Ubuntu – version 10.04

mai 7th, 2010

Framasoft annonce la publication de la nouvelle version du framabook “Simple comme Ubuntu” de Didier Roche. Celui-ci a été mis au diapason de la dernière version de la célèbre distribution Ubuntu (10.04 LTS).

simple-comme-ubuntu-10-04Le manuscrit, publié sous licence Creative Commons-BY-SA, est disponible au format PDF et, pour ceux qui désire récompenser le dur labeur de ce livre, à l’achat en version papier pour 20€ ICI.

Au menu : découverte de votre système d’exploitation Linux Ubuntu, paramétrage et connexion, installation de logiciels et jeux, etc. le manuscrit de 362 pages est très complet et particulièrement clair. A mettre en toute les mains. (la version PDF dans la suite)

[…]

Cathegorie(s): Software

[Screencast] Voyager en vidéo

mai 6th, 2010

Je vous parlais il y a peu de Voyager, ce fork d’Ubuntu lui ajoutant un interface plus graphique et son lot de fonctionnalités. En voici un petit screencast :

 

Quelques ratés en raison de la capture de la machine virtuelle persistent à l’image, je m’en excuse… Normalement, le dock est un peu moins moche, mais là encore, c’est dû à la machine virtuelle.

Cathegorie(s): Software, Tests

[TEST] Voyager : un autre fork d’Ubuntu

mai 6th, 2010

Rassurez vous, je ne vais pas vous faire toute la famille des fork de Ubuntu mais l’actualité Ubuntu et ses dérivés est assez chargé après la publication d’une LTS. Je vous parlerai cette fois-ci de Voyager, dont la version 10.04 vient de sortir.

voyager10.04 Voyager ajoute à Ubuntu tout un jeu d’interface avec un thème plus graphique, un dock et des widgets. Une série d’applicatif a été rajouté à Voyager (Compiz, Gimp, Cheese, Pitivi, Firewal, etc.) pour que plus rien ne manque à Ubuntu. Si l’ensemble est complet, la rapidité d’utilisation en prend un coup : à réserver au plus grosses machines.

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Du reste, la philosophie voyager reste : Simplicité, fiabilité et multiplateforme.

[…]

Cathegorie(s): Software, Tests

Dans la famille Ubuntu, je demande Studio

mai 5th, 2010

Ubuntu est LA distribution en vogue du moment et cela s’illustre par le nombre conséquent de distributions qui en découlent. Je vous parlais il y a peu de Lubuntu, je vous invite à présent de découvrir Ubuntu Studio.

ubuntustudio_logoUbuntu Studio est sans doute l’une des distributions Ubuntu les plus pro. En effet, celle-ci, plutôt gourmande en ressource, concentre l’essentiel des  logiciels de traitement audio, photo et vidéo pour Linux.

ubuntu_studioVous pouvez même transformer votre PC en studio d’enregistrement avec Studio. Une pépite! Quelques photos dans la suite…

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Cathegorie(s): Software